Chantal Montellier

Pionnière de la bande dessinée et du dessin de presse au féminin, Chantal Montellier est née en 1947 dans la Loire, près de Saint-Étienne.
Diplomée de l’école des Beaux Arts de Saint-Étienne en 1969, elle devient professeur d’arts plastiques en lycées et collèges jusqu’en 1973, tout en menant en parallèle un travail de création personnelle qui lui vaut notamment de pouvoir exposer au Grand Palais dans le cadre de la Jeune Peinture .
En 1972, elle est la première femme à publier des dessins de presse politique, d’abord dans Combat Syndicaliste, puis dans L’Humanité, Politis, Maintenant, Le Monde, L’Autre Journal, Marianne…, activité qu’elle exercera jusqu’en 2003.
Elle est aussi l’une des premières femmes à s’imposer dans l’univers très masculin de la bande dessinée pour adulte. Elle participe dès 1974 à Charlie Mensuel, puis à Métal Hurlant, Ah ! Nana, (A suivre), et signe son premier album, 1996, chez Les Humanoïdes Associés en 1978.
Elle est l’auteur d’une trentaine d’albums-chocs parmi lesquels Shelter (1980), Wonder City (1982), Odile et les crocodiles (1984), Les Damnés de Nanterre (2004), Tchernobyl mon amour (2006), L’inscription (2011) ou L’insoumise (2013).
En 2007, avec Jeanne Puchol, bédéaste, et Marie-Jo Bonnet, historienne spécialiste de l’art au féminin, elle crée le prix Artémisia, qui récompense, chaque année, un album de BD réalisé par une ou plusieurs femmes.
En 2015, Chantal Montellier se décide à livrer son autobiographie. Entrecoupé de transcriptions de rêves, La reconstitution – Livre 1, est un récit graphique sans concession d’une histoire familiale difficile, d’une vocation artistique, d’un combat pour exister en tant que femme et artiste.

Lien externe

 

La reconstitution – Livre 1 : 1947-1980
Préface de Thierry Groensteen
maquette : Brigitte Bontemps
Actes sud / L’An 2 – 01/2015
Pionnière de la bande dessinée au féminin, l’auteure de Odile et les crocodiles, La Fosse aux serpents, Les Damnés de Nanterre, Tchernobyl mon amour et L’Inscription (parmi près d’une trentaine d’ouvrages) raconte son itinéraire de femme et d’artiste. Elle suit le cours de ses expériences dans l’univers du dessin de presse politique, de la bande dessinée et plus généralement du monde de l’édition.
Ainsi que le dit la préface, son œuvre militante et forte apparaît clairement comme « une œuvre de combat. Parce que Montellier s’est tenue aux côtés des opprimés, des aliénés, de ceux qui ne rentraient pas dans le moule, qui ne savaient comment s’inscrire dans une réalité hostile, et qu’elle leur a prêté son talent. Mais aussi parce que, pour se faire entendre, pour exister comme artiste, sans jamais faire de concession ni flatter les dominants, elle a dû batailler et payer le prix fort. ».
Dans le paysage de la bande dessinée autobiographique, ce livre-bilan est sans équivalent : c’est la véritable, incroyable et édifiante histoire d’une dessinatrice dite engagée, qui livre « sa » vérité, sans épargner personne. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait une bande dessinée, mais un récit illustré.

 

Ce contenu a été publié par admin. Mettez-le en favori avec son permalien.