Dominique Manotti

Née à Paris, en 1942, où elle a toujours vécu, Dominique Manotti est historienne de formation et de métier. D’abord professeur d’Histoire en lycée, elle rejoint l’Université après 1968, où elle enseigne l’Histoire économique contemporaine à Vincennes, puis à Paris-VIII.
Elle a longtemps été militante, politique puis syndicale, depuis la fin de la Guerre d’Algérie, pour l’indépendance de l’Algérie, jusqu’à Mai 68 et ses suites.
L’élection de Mitterrand, et les premières années de sa présidence lui semblent signifier la fin des espérances de changements sociaux d’ampleur en France, elle cesse de militer. Elle redécouvre alors la puissance de la littérature avec la lecture de « L.A Confidential » de James Ellroy, et se lance l’année de ses 50 ans, avec ses méthodes d’historienne et de militante, dans l’écriture d’un premier roman social noir, Sombre Sentier, publié en 1995, qui a pour toile de fond une grève de travailleurs clandestins turcs dans le Sentier, à laquelle elle avait activement participé en 1980.
Suivront d’autres romans noirs, toujours inscrits dans leur contexte économico-politique et social, dans lesquels Dominique Manotti témoigne sur notre époque.

 

L’évasion
Gallimard Série Noire – 2013
1987, Paris. Filippo Zuliani, jeune délinquant italien évadé de prison, se réfugie en France. S’il se met à écrire, c’est pour séduire une femme, pour retrouver les souvenirs d’un ami, pour exister tout simplement, et sortir de l’extrême solitude dans laquelle il se trouve. Il se raconte sa vie en prison, son évasion, la suite. Finalement, à travers ce travail de création, il devient écrivain. L’écriture est sa vie, lui construit une personnalité, lui bâtit sa propre vérité.
Et il se trouve pris à son corps défendant dans un jeu très complexe entre réfugiés politiques, police et services secrets italiens. Vrai ou faux, son roman? En tout cas, un genre d’histoire dont on peut mourir…

 

 

Le rêve de Madoff
Allia – 2013
En entrant dans ce « rêve », le lecteur entre dans la peau d’un des personnages les plus décriés de cette dernière décennie, Bernard Madoff. Issu d’une famille modeste, Madoff incarne l’American Dream. Dès 1960, il flirte avec l’illégalité pour devenir ce qu’il a toujours souhaité être : riche et influent. Dans les années 90, grâce à des fonds d’investissements privés, il devient l’un des hommes les plus courtisés de la planète. Mais bientôt, la crise des subprimes ébranle le système. Madoff est jugé coupable. La faillite est totale : il écope de 150 années de prison ferme. À la fois vainqueur et victime d’un système ? L’auteur montre que l’époque ne pouvait que favoriser ce type d’escroquerie. L’ère Reagan, en supprimant les contrôles, facilite les transactions. Madoff n’est que le maillon d’une chaîne, l’un des noeuds d’un système qui avait déjà tissé sa toile : la puissance du marché. S’il est économique, politique et social, le prisme adopté par l’auteur est aussi personnel : reclus en prison, Madoff déroule sa propre vie sous forme de flash-back. Et cette vie, qu’il aura voulu héroïque, n’est que le symptôme d’une culture qui a fait de son émergence un mythe fondateur : celui du pionnier, de l’aventurier.

 

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