Dominique Sampiero

Dominique Sampiero est né en 1954 dans l’avesnois, une région de bocage du Nord de la France.
Poète, romancier, auteur de livres jeunesse, scénariste, auteur de théâtre et réalisateur de courts métrages, il a été instituteur militant des pédagogies Freinet, Montessori, Steiner et de la pensée Dolto, et directeur d’école maternelle pendant une vingtaine d’années.
Il anime également des ateliers de parole et de création.
Son œuvre parcoure différentes formes d’écriture en restant fidèle aux personnages et aux thèmes de son univers poétique : la lumière des paysages de sa région natale et les vies minuscules en lutte avec leur propre silence et l’oubli.
Il obtient une première consécration de son écriture poétique avec La vie Pauvre (Prix Max Pol Fouchet 1992, Éd. La différence) et de son écriture romanesque avec Le rebutant (Prix du roman populiste 2003, Éd. Gallimard), et reçoit le prix Sorcières 2003 pour son premier roman jeunesse, P’tite mère (Éd. Rue du monde, 2001). En 2014, il reçoit le prix Robert Ganzo pour l’ensemble de son œuvre et son ouvrage intitulé La Vie est chaude (Éd. Bruno Doucey, 2013).
Il a co-écrit avec Tiffany Tavernier deux scénarios sur des sujets sensibles, l’école et l’adoption : Ça commence aujourd’hui (Prix international de la critique 1998 à Berlin) et Holy Lola (2004), réalisés par Bertrand Tavernier ; et a écrit le scénario de Fils unique, réalisé par Miel Van Hoogembent (Prix Regards Jeunes 2011 au festival d’Arras). Il a lui-même réalisé des courts métrages dont Notre Dame-des-Loques et On est méchant avec ceux qu’on aime.

Liens externes

 

Avant la chair
Le Passeur Éditeur, Coll. Hautes Rives – 03/2015
« J’ai appris à vivre dans la lumière et le silence des récits et, grâce à eux, à aimer le silence des
miens, père, mère, et grands-parents surtout. À dénouer le silence des ombres et celui des objets
posés comme des guetteurs dans la maison. À consulter la quiétude d’un arbre ou de presque rien,
d’un escargot, d’un pissenlit dans la haie, comme un oracle possible de ma présence au monde. À aimer le rien, le rien du tout à force, l’invisible et pourquoi dire ange ou âme, c’est là, c’est tout, on ne sait pas ce que c’est. »
Dans son enfance ouvrière au royaume des taiseux, le poète a appris à se taire, lèvres jointes pour ressembler au père et à la mère, ne rien trahir. Comme si le silence était une façon d’aimer, d’être
là, être avec, rien d’autre. Puis des livres sont entrés dans la chambre et ont embarqué la solitude plus loin dans les voyages.
Un carnet de lecteurs succède aux poèmes. De professions et d’âges divers, des lecteurs prennent la parole pour évoquer leur promenade intime dans les pages de ce livre.

 

Chante-perce
Éditions Apogée, coll. Poésie – 03/2015
C’est ici la jouissance sans corps dilatant les pupilles et le souffle. Chacun parle avec du sang retourné, de la salive qui refuse, au bord des rêves criant plus haut que l’ennui et qui pourrait nous étouffer, livides, épuisés par l’indifférence menaçant chaque jour notre émotion. Le froid des pierres sculpte cette langue de verre dans la bouche, coupante comme le froid de l’hiver. Se taire courbe les fronts sur la sagesse invincible des dormeuses.
La chante-perce est l’outil que maniaient les Picaous, ces ouvriers du granite Bretons, pour creuser, dans la roche, l’orifice prévu au bâton de dynamite. Cette tige de métal produisait un son grave et les tailleurs de pierre perçaient en rythme dans les carrières ouvertes. Au cours d’un rituel d’initiation, ils recevaient également leur prénom de granitier pour la vie. Nommer autrement et creuser sont une tentative pour faire vivre cet héritage et dessinent dans ce livre les deux veines d’une ardeur au poème

 

Ce contenu a été publié par admin. Mettez-le en favori avec son permalien.