Ella BALAERT

 

Portrait Ella Balaert  © Droits Réservés

« J’ai passé mon enfance à Avranches, face au Mont Saint-Michel. Puis vinrent l’adolescence à Rouen, les études à Paris, un passage au Quesnoy, dans le Nord, un autre plus long à Senlis, en Picardie. Et depuis quelques années, enfin, longtemps désiré, le retour à la mer et au golfe normand-breton : je me partage désormais entre Paris et les Côtes d’Armor.

À dix-huit ans, je veux mon indépendance : je vais à Paris,  interne au Foyer des Lycéennes de la rue du Dr Blanche et élève au lycée Henri IV, préparer l’École Normale Supérieure de Fontenay-aux-Roses, que j’intègre. Le nom me fait rire et rêver. Je fredonne Maxime Le Forestier en me promettant de lire ce Monsieur Audiberti. Dans la foulée, je passe l’Agrégation de Lettres, commence une thèse et enseigne – en collège, puis en lycée, puis nommée PRAG dans le Supérieur. J’apprends beaucoup et, je l’espère, je transmets quelques petites choses, durant cette période. J’ai alors un enfant.

Mais ce n’est pas ma voie. J’arrête ma thèse et l’enseignement. Me voici en free-lance dans la Communication, chargée d’études qualitatives. J’apprends de nouveau beaucoup, sur des plans très différents.  Premières expériences de participation à un comité de rédaction, à la revue Cargo. Premières publications en revues de nouvelles , un genre que j’aime entre tous. Née A.L. , je signe du pseudonyme qui sera désormais mon nom, Ella Balaert. Entre-temps, j’ai un deuxième enfant.

Mais la Publicité, ce n’est  pas davantage ma vocation. Heureusement, mon premier roman pour ados, La Lettre déchirée, me vaut des rencontres d’un nouveau type : avec des lecteurs ! C’est une révélation. Mon troisième enfant né, j’entre avec enthousiasme dans cette troisième vie professionnelle, qui me fait sillonner les provinces françaises, du Nord au Sud et de ville en village, tout en écrivant mon premier roman pour adultes, Mary pirate.

Et depuis ce temps je me consacre à  l’écriture. »

Lien externe :

https://ellabalaert.com/

Poissons rouges et autres bêtes aussi féroces

Éditions des femmes, Octobre 2020

Poissons rouges et autres bêtes aussi féroces rassemble des nouvelles qui se présentent sous la forme d’un bestiaire dans lequel l’imaginaire fantastique entraîne moins le lecteur/la lectrice sur les voies du surnaturel, qu’il ne déchiffre les pulsions secrètes et les recoins obscurs du cœur humain. Dans cet autre monde qui s’ouvre, on explore en réalité ce monde-ci, traversé de féroces conflits puissants/pauvres, femmes/hommes, enfants/adultes, racismes, guerres.


Mais notre monde y est augmenté de sa face obscure, où l’humour est noir, où les êtres sont hybrides et les frontières poreuses entre le rêve et la réalité, le moi et l’autre, la vie et la mort.

 

Petit bouton de nacre
Cours toujours éditions – Mars 2018
Joli texte ciselé et sacrée histoire que cette saga familiale portée par trois générations de femmes de caractère, vibrantes de passions amoureuses, de colères et de désirs de liberté.
Hérémiti, la Polynésienne, femme de pêcheur de coquillages, qui, en 1947, a une brève liaison avec un patron de l’industrie nacrière de Méru (Oise) ;
Monique-Mohéa, sa fille « illégitime », qui grandit dans le Pacifique et, en quête de reconnaissance paternelle, viendra, en 1968, briser ses rêves dans l’entreprise de boutons de son père ;
sa fille, Poéma, qui parviendra à réconcilier les deux univers.
Une histoire sensuelle et parfois âpre, dont les élans romanesques, sous le soleil trompeur du Pacifique ou dans la poussière toxique des ateliers, sont rythmés par un petit bouton de nacre en forme d’hibiscus.


Prenez soin d’elle
Editions des femmes – Antoinette Fouque – Janvier 2018
Roman sélectionné pour le prix Louis Guilloux 2018
Prenez soin d’elle se déroule sous l’œil d’une chatte, Madame Kosta, enfermée dans l’appartement de sa maîtresse, Jo, qui se trouve dans le coma, à l’hôpital, après une tentative de suicide. Elle a laissé un message : « Prenez soin d’elle ». Ses proches, amie d’enfance, amant, frère, père… se trouvent alors requis par la bienveillante gardienne de l’immeuble de venir chez elle à tour de rôle pour honorer ce souhait, sans savoir si Jo survivra. Ces visites sont l’occasion pour chacun d’un retour sur soi pour tenter de comprendre ce qui n’a pas été, ce qu’ils n’ont pas vu, pas compris. Les personnages se révèlent à eux-mêmes, tombent le masque, recouvrent la mémoire et s’ouvrent aux autres, le sentiment de culpabilité libérant leur capacité à pardonner et à aimer. Il y aura bien une mort mais pas celle à laquelle l’on pouvait s’attendre. L’écriture infiniment sensible et toute en réserve d’Ella Balaert, alliée à une construction d’une rigueur quasi clinique, emporte loin dans les profondeurs du rapport à l’autre.


Placement libre
Editions des femmes – Antoinette Fouque – Octobre 2016
Une femme achète deux billets pour aller voir avec son ami, deux jours plus tard, une pièce de théâtre interprétée par un de ses acteurs préférés. Les billets sont en « placement libre ». À peine sont-ils imprimés que ces deux mots, pris dans les mailles d’associations douloureuses, réveillent son angoisse de n’avoir pas sa place ici-bas. Une partie d’elle regrette déjà cet achat. La narratrice est toujours en interrogation sur sa légitimité à occuper l’espace, à avoir une place sociale ou à réussir ses relations familiales et amoureuses. Elle ressent constamment un certain décalage. Elle est alors en passe de se décourager, de renoncer à se battre. Elle a quarante-huit heures pour décider que faire : de ses billets, d’elle-même…

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