Jérôme Prieur

Jérôme PrieurJérôme Prieur est un écrivain et cinéaste né en 1951 à Paris, auteur de très nombreux essais et documentaires autour de l’histoire, la littérature et les arts.
Après des études de lettres et de droit, il devient chroniqueur et critique de cinéma pour diverses revues, producteur pour l’INA et dirige, entre 1987 et 2004, la collection Les Hommes-Livres (portraits filmés d’écrivains contemporains : Claude Simon, Béatrix Beck, Michel Butor…).
Il a notamment coréalisé avec Gérard Mordillat, La Véritable histoire d’Artaud le Mômo (documentaire sur Antonin Artaud, 1993), Corpus Christi , L’Origine du christianisme et L’Apocalypse (séries documentaires traitant du christianisme, 1998, 2003, 2008).
En 2011, il réalise Vivement le cinéma, un documentaire Arte sur les précurseurs et inventeurs du cinéma, inspiré de ses livres, Séance de lanterne magique (Gallimard, 1985) et Le spectateur nocturne (Cahiers du cinéma, 1993).
En 2012, il publie Ingres en miroir, un essai autour du thème du portrait chez Ingres (éd. Le Passage), réalise Dieppe, 19 août 1942, un documentaire sur l’échec de la tentative de débarquement en Normandie (France 3/chaîne Histoire) et écrit Marcel avant Proust, une préface à « Le Mensuel retrouvé », onze textes inédits de Marcel Proust, dans laquelle il se penche sur le contexte des premières incursions dans le monde du célèbre écrivain (à qui il avait déjà consacré un essai, Proust fantôme en 2001).
En 2013, il réalise Hélène Berr, une jeune fille dans Paris occupé, un long métrage documentaire d’après le journal d’Hélène Berr (1942-1944) et publie son premier roman, Une femme dangereuse.
Jésus et l’islam, une nouvelle série, coréalisée avec G. Mordillat, sur le lien entre les religions juive, chrétienne et musulmane sera bientôt diffusée sur Arte.

 

Jérôme Prieur, Une femme dangereuseUne femme dangereuse
Éditions Le Passage – 2013
Tuer quelqu’un, c’est moins simple qu’on ne croit. Surtout quand cela ne vous est jamais arrivé. Et puis tuer une femme, je ne me serais pas douté que c’était plus difficile à faire qu’à imaginer. Avant de me débarrasser d’elle, il fallait déjà que je la retrouve. Elle avait disparu, elle s’appelait Madeleine. J’avais trois jours devant moi, trois jours et trois nuits pour remonter le temps. Je marcherais sur ses pas, je guetterais son ombre. Je n’aurais qu’à suivre les traces qu’elle avait dû semer. Ne passons-nous pas chacun nos vies à en faire autant ? J’étais prêt à voir ce que ses yeux avaient vu, à sentir son souffle, à toucher son empreinte. Je fouillerais sa vie, je remuerais ses souvenirs, j’aimerais ses amies. Elles me mèneraient jusqu’à elle, j’en étais sûr. J’étais prêt à courir le risque que mon passé m’explose au visage.

 

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