Nan Aurousseau

Nan Aurousseau ne pourra être présent le dimanche 27. Un empêchement vient de le contraindre à annuler sa participation cette année.

Nan AurousseauNé en 1951, Nan Aurousseau grandit dans le XXe arrondissement de Paris. Une enfance marquée par l’amour d’une mère courage, la violence d’un père alcoolique, la pauvreté. Il bascule dans la délinquance. À 18 ans, il est condamné à 7 ans de prison pour braquage.
Grâce à un éducateur, il reprend ses études, obtient certificat d’études, BEPC, découvre la littérature, la philosophie, prépare le bac… et doit accepter de suivre une formation de plombier-chauffagiste.
Il rencontre Marie Laborde avec qui il va vivre dès sa sortie de prison en 1974, et grâce à qui il va éviter la récidive. Elle est écrivain, ensemble ils vont publier deux livres : Paroles de bandits (Seuil, 1976) et Une vie de cheval (Belfond, 1978).
Il se lance dans le cinéma, écrit et réalise trois courts métrages et deux longs de fiction, et écrit de nombreux scénarios qui n’aboutiront pas faute de moyens financiers.
Le couple se sépare. Pour gagner sa vie, il est contraint de travailler dans le bâtiment. C’est ainsi qu’un jour il est envoyé pour réparer des radiateurs chez J-P Manchette. Ils parlent écriture.
En 2004, au chômage, sans argent, sur le conseil de Marie, il décide de raconter ses aventures dans le bâtiment et envoie un unique manuscrit aux éditions Stock. Jean-Marc Roberts le contacte aussitôt. Bleu de chauffe, publié en 2005, rencontre un réel succès et reçoit le prix Jean Amila-Meckert 2006 du meilleur livre d’expression populaire et de critique sociale décerné au festival Colères du présent d’ Arras.
En 2007, il publie Du même auteur, un roman policier, puis en 2009, Le ciel sur la tête, un roman noir dans lequel il dénonce les conditions de détention des jeunes délinquants inspiré de ce qu’il a lui-même vécu, et en 2010, Quand le mal est fait, un autre roman noir.
En 2012 sort Quartier Charogne, récit autobiographique : « j’ai choisi la tranche de six à quinze ans, de notre arrivée rue des Maraîchers dans le XXe, le quartier Charonne, jusqu’à notre expulsion un matin de juin, quand ils nous ont jetés sur le trottoir, ma mère et nous, les cinq gosses, sans nulle part où aller. »
En 2014, il poursuit la narration de ses souvenirs dans La ballade du mauvais garçon.

Sélection
Prix Merlieux des Bibliothèques 2015

La ballade du mauvais garçon
Éditions Stock – 09/2014
« J’étais sorti de prison depuis cinq ans. J’avais déjà quatre livres publiés et je venais de terminer mon premier court métrage, tourné avec l’équipe de La Bande du Rex, dont j’avais coécrit le scénario. J’avais vachement souffert parce qu’on était tenus pour la rédaction des séquences à un cahier des charges qui ne me plaisait pas du tout, mais bon, mon fils venait de naître, j’avais besoin de fric, alors j’avais signé. Pendant les préparations du film, le producteur, qui nous avait invités à manger chez lui, s’est fait cambrioler. “Ça serait pas Nan ?” qu’il a demandé. Encore une fois mon passé me poursuivait. J’ai haussé les épaules et j’ai continué ma route. »

Nan Aurousseau poursuit la narration de ses souvenirs entamée avec Quartier charogne. Dans ce récit où la gravité et l’émotion côtoient le comique et le burlesque, on retrouve le monde de la prison, de la démerde, mais on croise aussi François Truffaut, on dîne avec Claude Berri, on boit du Ricard avec Gainsbourg, dans cette autre vie d’Aurousseau, moins connue que celles du taulard et de l’écrivain, celle d’un cinéaste atypique et déterminé.

 
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