Patrice Delbourg

Patrice Delbourg

© Jean-Pol Stercq 2009

Né en 1949 à Paris où il vit toujours, Patrice Delbourg est poète et romancier, biographe et essayiste.
Il a longtemps été chroniqueur aux Nouvelles Littéraires et à L’Evénement du Jeudi.
Il est, avec Gérard Mordillat, Jean-Bernard Pouy, Hervé Le Tellier et d’autres, l’un des « papous » de l’émission de France Culture Des Papous dans la tête.
Poète, lauréat du prix Max-Jacob 1983 pour Génériques (Belfond) et du prix Apollinaire 1996 pour L’Ampleur du désastre (Le Cherche Midi ), il a choisi dans son dernier livre, Longtemps j’ai cru mon père immortel, de se confronter au thème douloureux de la perte du père (Le Castor Astral, 2012).
Animateur d’ateliers d’écriture, membre du jury de l’académie Alphonse Allais depuis 2005, et du Grand Prix de l’humour noir, il a écrit de nombreux livres consacrés aux calembours et jeux de verbe dont Chassez le naturiste, il revient au bungalow (Les Belles Lettres, 1999), A bribes abattues… (Mango, 2003) et Le Petit livre des exquis mots (Le Cherche Midi, 2008).
Essayiste, il est notamment l’auteur de Les désemparés, un dictionnaire critique de 53 écrivains maudits ou marginaux (Le Castor Astral, 1996), Comme disait Alphonse Allais (Écriture, 2005), Les Jongleurs de Mots : De François Villon à Raymond Devos et L’Odyssée Cendrars ( Écriture, sélections Prix Renaudot 2008 et 2010).
Romancier, il a publié quatorze romans dont L’Homme aux lacets défaits (2010), Un soir d’aquarium (2011), Les chagrins de l’Arsenal (2012), tous trois édités au Cherche Midi.

Patrice Delbourg, Le Cow-boy du Bazar de l'Hôtel de villeLe Cow-boy du bazar de l’hôtel de ville
Éditions Le Cherche Midi – 01/2014
Eugène Gibloz est un employé pâlichon au légendaire rayon outillage en sous-sol du Bazar de l’Hôtel de Ville. Le soir venu, il a rendez-vous avec la vraie vie. Il abandonne sa tenue de grisaille et endosse une panoplie de cow-boy. Bottines brodées avec éperons, bandanas et chaps en cuir de buffle. Il effraie les vieilles dames et fait battre des mains les enfants. Pistolets à peinture ou colts nickelés de calibre 44 à canon court, il ne sait plus bien ce qu’il porte à la ceinture… Arsenal et quincaillerie s’enchevêtrent.
Vieux Stetson vissé sur la tête, menton inquisiteur, le justicier à l’épate voudrait faire régner l’ordre au centre de Paris. Dans son quartier, dans son district, shérif d’un Marais à temps plein. Prompt à l’algarade, adepte de querelles au comptoir, ses journées cahotent entre parodie de film B et désespoir à gros grumeaux.
C’est un roman d’amour que nous donne à lire un Patrice Delbourg au meilleur de sa forme d’hypocondriaque. Amour pour les marginaux, les en-dehors, pour le Pantruche qui a pris le maquis, pour les westerns improbables qu’il évoque avec une gourmandise jamais rassasiée. Une nostalgique « dernière séance » sous un ciel de Paname crépusculaire.

Patrice Delbourg, Max Jacob, un drôle de paroissien Max Jacob, un drôle de paroissien
Éditions Le Castor Astral, coll. Escales des lettres – 01/2014
Entre facétie et désespoir, entre besoin de sainteté et tentations charnelles, Max Jacob n’a cessé de promener son innocence canaille en terre de poésie. Toute son existence fut un périlleux exercice d’équilibre funambulesque. Jamais le poète ne se prit au sérieux. Mais la vie est chose rigoureuse, la mort en est l’enjeu. Enchanteur fantasque, ami de Picasso et Apollinaire, il a passé sa vie à brouiller les pistes en une étourdissante geste serpentine. Astreint au port de l’étoile jaune, arrêté par les Allemands le 24 février 1944, il meurt d’une congestion pulmonaire au camp de la Muette, à Drancy, le 5 mars suivant. Dans un portrait mosaïque plus qu’une biographie, Patrice Delbourg redonne vie au pince-sans-rire qui fut à la fois une nouvelle incarnation du juif errant, un archange foudroyé, un réfractaire, un homme de chair et un mystique profond, un conteur et épistolier au lyrisme ébouriffé, un fantaisiste éblouissant.

Patrice Delbourg, Les funambules de la ritournelleLes funambules de la ritournelle
Éditions Écriture – 2013
En cent courtes biographies (4 à 6 pages chacune) et dans un style enlevé, Patrice Delbourg croque les auteurs-compositeurs-interprètes qui ont dérangé, amusé, résisté au conformisme de leur époque, en bref qui ont « bouleversifié » la chanson française. « Parmi ces félins à chant chaud, on trouve des bardes facétieux, des mélomanes scrupuleux, des voltigeurs de la tchatche ou des paladins fébriles, autant de merveilleux fous chantants avec leur drôle de lexique. » Un choix qui privilégie la qualité et l’originalité des mots sur la performance scénique, la gestuelle ou l’escorte musicale. La chanson étant question d’épiderme, Patrice Delbourg y revendique crânement ses préférences. Au sommaire, nulle trace de Mylène Farmer ou Florent Pagny…Mais au fil des pages, on retrouvera les portraits d’Aznavour, Lapointe, Jonasz, Renaud, Ferrat, Beaucarne, Leprest, Sheller, Dimey, Louki, Brassens, Vigneault, Delpech, Vassiliu ou encore Dominique A.

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