Emilie DESVAUX

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BIOGRAPHIE :

Née à Toulouse, Émilie Desvaux est l’auteure de plusieurs romans.

QUELQUES LIVRES :

Le Ciel de Tokyo

Rivages, 2025

Au cœur de Tokyo, la Gaijin House : une pension bohème réservée aux étrangers. Voyageurs, expatriés et paumés s’y rencontrent au hasard de leurs pérégrinations, parfois d’un accident de parcours. Il y a là Camille, jeune épouse en fuite qui ignore tout d’elle- même, Flavio, l’érudit solitaire, Lénine qui s’invente des vies. Ensemble, ils tissent les fils d’une existence commune, oscillant entre le désir de s’ancrer et la peur de l’avenir.

Le Jardin de minuit

Stock, 2013

« J’ai beaucoup repensé au jardin de la Maison Grise depuis qu’Élise a disparu.

Son image se glisse en moi chaque fois que je passe trop de temps à ressasser l’enquête. Comme un flash ou un léger malaise. Comme la contraction involontaire d’un muscle.

Lorsque, allongé sur le canapé, je me répète ce que je sais : Élise a quitté son appartement entre le 28 et le 30 novembre 1997, elle ne travaillait pas à un quatrième roman, la piste de ses amants n’a mené nulle part. Simplement, elle a disparu.

Je suppose qu’elle a pu se lasser de son genre de vie, partir sur un coup de tête. Ou bien – et c’est une possibilité glaçante – avoir un accident brutal. Il est très difficile de ne pas imaginer (dis, tu veux voir un truc horrible ? ) qu’un des types avec qui elle sortait ait pu lui faire du mal.

Pourtant, alors même que je me perds en hypothèses, ma pensée telle une eau souterraine filtre malgré moi vers le jardin de la Maison Grise. J’entends un oiseau crier, je me demande si ma jumelle ne me tend pas un piège ; c’est une idée stupide, j’ai cependant l’impression confuse qu’un événement se prépare. »

A l’attention de la femme de ménage

Rivages, 2011, J’ai lu, 2011

C’est une belle demeure de campagne, au milieu d’un parc arboré, pleine d’escaliers, d’enfilades de pièces et de mobilier élégant. C’est une maison peuplée de souvenirs, de fantômes et de rêveries où vivent deux femmes. L’une est veuve depuis quelques mois. Elle s’installe souvent dans le salon d’hiver, pour lire, silencieuse et pensive. L’autre, c’est Marie-Jeanne, une jeune fille vive et désordonnée, infiniment sensuelle. Sans attaches, elle a surgi un jour pour qu’on s’occupe d’elle et n’est jamais repartie.

Les deux femmes se sont éprises, mais, au fil de quelques saisons, la veuve supporte de moins en moins la présence de Marie-Jeanne, ses longs bains mystérieux, son amour inconditionnel, et se fait plus cruelle. Se glissent dans ses songes l’ombre de sa mère, dure et sèche, et celle de son père, qui lui racontait le mythe ensorcelant des sirènes. S’immisce en elle le désir de détruire cet amour finissant ou de le transformer en autre chose.

En arrière de l’histoire de ces femmes, et comme confondue avec la maison, la femme de ménage passe telle une ombre. Elle est la dépositaire de leurs secrets. Le témoin de leur amour trouble et de leur étrange métamorphose.