
BIOGRAPHIE :
Véronique Mougin est journaliste et romancière. Elle a publié plusieurs essais sur la pauvreté et les sans-abri, dont Femmes en galère (La Martinière, 2005) et Les SDF / Idées reçues (Le Cavalier bleu, 2006).
Après Pour vous servir, Où passe l’aiguille et Un fils à maman, À propos d’un village oublié est inspiré de l’histoire vraie de sa grand-mère.
QUELQUES LIVRES :

A propos d’un village oublié
Flammarion, 2025
Oh, ce ne fut pas grand-chose, presque rien, à les entendre. Quand la traque commença, en 1940, les habitants de Mirabelle firent ce qu’ils purent pour aider Marguerite Stzurmpf. Pas grand-chose : une place au chaud dans le grenier et une assiette en plus, ni vu ni connu. Presque rien : un berceau pour son enfant, un coup de main pour les faux papiers, bouche cousue.
Ce sont, en vérité, de précieux éclats de bonté que partage Véronique Mougin dans ce roman, mettant en scène les anonymes qui permirent à sa grand-mère d’échapper à la déportation. « Mes voisines, et le pasteur bien sûr, le fermier, plus la secrétaire de mairie… Dis donc, chérinette, tu réussiras à caser tous mes Justes, dans ton bouquin ? »
Il arrivera qu’au fil des pages retraçant son sauvetage Marguerite elle-même ajoute son grain de sel, malicieuse et têtue, mais après tout c’est son histoire, et y a-t-il jamais trop de mots pour dire le courage et la gratitude ?

Un Fils à maman
Flammarion, février 2021, J’ai lu, 2022
Quelle mouche a donc piqué Charly Picassiette ?
À peine majeur, il veut quitter sa mère poule, leur ferme des collines, leur village. Paris l’attend, paraît-il, et puis la gloire : le garçon s’apprête à publier un « roman » très autobiographique où tous ses proches pourront se reconnaître.
Mais Madame Picassiette et ses voisins ne l’entendent pas de cette oreille : pas question de laisser le mioche gâcher sa vie et raconter la leur.
Au Chandoiseau (14 habitants, 3 chèvres), l’heure de la mobilisation générale a sonné…

Où passe l’aiguille
Flammarion, 2018, J’ai lu, 2019
Et voici Tomas, dit Tomi, gaucher contrariant, tête de mule, impertinent comme dix, débrouillard comme vingt, saisi en 1944 par la déportation dans l’insouciance débridée de son âge – 14 ans. Ce Tom Sawyer juif et hongrois se retrouve dans le trou noir concentrationnaire avec toute sa famille.
Affecté à l’atelier de réparation des uniformes rayés alors qu’il ne sait pas enfiler une aiguille, Tomas y découvre le pire de l’homme et son meilleur : les doigts habiles des tailleurs, leurs mains invaincues, refermant les plaies des tissus, résistant à l’anéantissement. À leurs côtés, l’adolescent apprendra le métier.
Des confins de l’Europe centrale au sommet de la mode française, de la baraque 5 aux défilés de haute couture, Où passe l’aiguille retrace le voyage de Tomi, sa vie miraculeuse, déviée par l’histoire, sauvée par la beauté, une existence exceptionnelle inspirée d’une histoire vraie.

Pour vous servir
Flammarion, 2015, J’ai lu, 2016
« Gouvernante : nom féminin. Personne qui gouverne, qui a le pouvoir en main. Tu parles ! C’est le plumeau que j’ai en main, moi. Je suis celle qui repasse les robes sublimes de Madame, celle qui sert les invités de Monsieur. Personne ne me remarque mais dans l’ombre je les étudie, ces drôles d’oiseaux. Au lieu de faire domestique, j’aurais pu travailler au Muséum d’histoire naturelle. »
Aristocrates maniaques, héritière hystérique, intégriste passionnée, industriel névrosé, sénateur épicurien… Leurs points communs : ils sont riches, très riches, et leur gouvernante c’est Françoise. Après vingt ans d’une carrière silencieuse, la voilà qui raconte sa vie et la leur, avec une réjouissante malice. Des hôtels particuliers de Neuilly aux châteaux du Luberon, elle nous entraîne dans les coulisses de ce théâtre contemporain. Mais quelle mouche a bien pu la piquer ?